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L’ONG ALAFIA recrute-24/09/2026

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PROJET : « Nyonufia : Émergence des cheffes traditionnelles femmes du Grand Kloto pour une gouvernance locale inclusive »

Termes de référence (TDR) pour le recrutement d’un·e consultant·e chargé·e de la mise en œuvre des activités de renforcement des capacités, de concertation intergenre et de plaidoyer

I. CONTEXTE ET JUSTIFICATION

Dans les préfectures de Kloto, Kpélé, Danyi et Agou, au sud-ouest du Togo (Grand Kloto), existe une institution coutumière endogène ancienne et structurante, fondée sur un principe de gouvernance duale et complémentaire. Selon cette tradition, l’intronisation d’un chef traditionnel homme s’accompagne de celle d’une cheffe traditionnelle femme, appelée Maman ou Nyonufia. Contrairement à une perception répandue, la cheffe traditionnelle femme n’est pas l’épouse du chef : elle est issue d’une autre famille du même canton et exerce une autorité coutumière pleine et entière, avec sa propre cour, ses notables et ses responsabilités spécifiques.

Cette institution constitue un levier local de gouvernance inclusive particulièrement pertinent dans un contexte où les inégalités de genre demeurent importantes au Togo (134e rang mondial sur 188 pays selon l’Indice d’inégalité de genre cité par l’UEMOA). Les femmes restent sous-représentées dans les instances de décision, avec environ 19 % des sièges à l’Assemblée nationale, 16,67 % des gouvernorats régionaux, 10,26 % des conseils municipaux et 11,73 % des conseils régionaux (Document budgétaire sensible au genre, 2025).

Dans le Grand Kloto, les chefs traditionnels hommes se sont progressivement vu attribuer l’essentiel du pouvoir coutumier, reléguant les Nyonufia à des fonctions secondaires ou symboliques. Cette marginalisation tient notamment à la faible information de certaines cheffes sur leurs droits, à l’irrégularité de leur réintronisation après décès, à leur faible reconnaissance par les autorités administratives locales et à la disparition progressive des mécanismes traditionnels de collaboration entre chefferies masculine et féminine.

C’est dans ce contexte que s’inscrit le projet « Nyonufia », mis en œuvre par l’ONG ALAFIA « Femmes, Santé et Développement », en consortium avec ALAFIA JEUNES, l’Association Mains du Développement (AMD) et l’Association Jeunes Filles Leaders et Engagées (JFLE), dans le cadre d’une convention de subvention locale de la GIZ au titre du programme DeZon (Implique-toi). Le projet ne vise pas à créer une nouvelle institution, mais à réactualiser une pratique coutumière existante, à en renforcer l’appropriation par les chefferies, à la documenter et à favoriser sa reconnaissance dans les pratiques de gouvernance locale.

Pour conduire les activités de terrain de ce projet, l’ONG ALAFIA recrute un·e consultant·e compétent·e, chargé·e d’accompagner le renforcement des capacités des cheffes traditionnelles femmes, la concertation intergenre entre chefferies et le plaidoyer auprès des autorités administratives locales.

II. MISSION DU CONSULTANT

Sous la supervision de l’ONG ALAFIA, le·la consultant·e aura pour mission globale de concevoir et d’animer l’ensemble du processus de renforcement des capacités, de concertation et de plaidoyer prévu par le projet. Plus précisément, il·elle devra :

Au titre de l’Activité 1 – Renforcement des capacités des cheffes traditionnelles femmes :

  • Concevoir les outils pédagogiques et le programme d’une session de formation de deux (02) jours à l’intention de 42 cheffes traditionnelles femmes ;
  • Animer la formation sur les droits humains, les droits des femmes, la médiation et le rôle des chefferies féminines dans la gouvernance locale, selon une approche participative et adaptée aux réalités coutumières des bénéficiaires ;
  • Fournir un support de formation (manuel pratique ou fiche technique) aux participantes ;
  • Produire un rapport de formation détaillé.

Au titre de l’Activité 2 – Concertation intergenre et formalisation écrite :

  • Préparer et faciliter une session de concertation d’un (01) jour réunissant des représentants des chefferies masculines et féminines des 9 communes ciblées ;
  • Recueillir les pratiques coutumières existantes présentées par les chefs hommes ainsi que les observations, validations et propositions d’ajustement des cheffes femmes ;
  • Rédiger le document commun formalisant les principes coutumiers inclusifs de collaboration homme-femme, aligné sur les droits humains et le cadre juridique togolais ;
  • Produire un rapport de la session de concertation.

Au titre de l’Activité 3 – Plaidoyer auprès des autorités administratives locales :

  • Préparer et animer une rencontre de dialogue et de plaidoyer d’un (01) jour avec les 9 maires, les 4 préfets des préfectures ciblées et des représentants de 4 organisations de la société civile locale ;
  • Faciliter la présentation, par les chefs et cheffes traditionnels, des engagements coutumiers formalisés lors de l’Activité 2 et de leurs attentes en matière de reconnaissance institutionnelle ;
  • Accompagner la définition et la validation des modalités pratiques de collaboration (représentation conjointe homme-femme, participation duale aux réunions, communication inclusive, etc.) ;
  • Rédiger la déclaration commune / le rapport de plaidoyer consignant les engagements pris par les autorités locales.

Transversalement:

  • Participer aux missions préparatoires (démarches administratives, mobilisation des bénéficiaires, préparation logistique) en lien avec l’équipe de l’ONG ALAFIA ;
  • Contribuer au dispositif de suivi-évaluation du projet (listes de présence, fiches d’évaluation, éléments de capitalisation) ;
  • Produire un rapport global de mission consolidant les principaux résultats, bonnes pratiques et recommandations pour la durabilité des acquis.

III. MÉTHODOLOGIE

Le·la consultant·e adoptera une approche participative, endogène et sensible au genre, fondée sur la reconnaissance des institutions coutumières comme actrices clés de la gouvernance locale. Il s’agira de réactualiser le modèle traditionnel de gouvernance duale (chef-cheffe), aujourd’hui fragilisé, en l’alignant sur les principes des droits humains et le cadre juridique national togolais.

La démarche suivra une logique progressive et intégrée en trois étapes :

  • Renforcement ciblé des capacités des cheffes traditionnelles femmes (Activité 1) ;
  • Concertation intergenre structurée et formalisation écrite des pratiques coutumières inclusives (Activité 2) ;
  • Dialogue et engagement institutionnel avec les autorités administratives locales (Activité 3).

La méthodologie combinera : des exposés et échanges interactifs sur les droits humains, la médiation et la gouvernance locale ; des travaux de groupe et des restitutions plénières favorisant l’expression de toutes les parties prenantes ; une facilitation de dialogue multi-acteurs respectueuse des rapports coutumiers ; et une rédaction concertée des documents de référence issus de chaque étape.

IV. LIVRABLES ATTENDUS

À l’issue de la mission, le·la consultant·e devra avoir produit :

  • Le programme et les outils pédagogiques de la session de formation des 42 cheffes traditionnelles femmes ;
  • Un rapport de formation (Activité 1), incluant listes de présence et fiches d’évaluation ;
  • Un document écrit formalisant les principes coutumiers inclusifs de collaboration homme-femme, validé conjointement par les chefs et cheffes (Activité 2) ;
  • Un rapport de la session de concertation intergenre (Activité 2) ;
  • Une déclaration commune / un rapport de la rencontre de plaidoyer avec les autorités administratives locales (Activité 3) ;

Un rapport global de mission, incluant les recommandations pour la durabilité et la reproductibilité du modèle.

V. DURÉE – LIEU – DATE – MODALITÉS DE LA MISSION

Durée : La mission est prévue pour un total estimatif de 15 jours ouvrés (missions préparatoires, animation des trois activités, rédaction des documents et rapports), répartis sur la période de mise en œuvre du projet, du 1er septembre au 31 décembre 2026, selon un calendrier à convenir avec l’ONG ALAFIA.

Lieu : Kpalimé, région des Plateaux, avec les participants venant des 4 préfectures de Kloto, Kpélé, Danyi et Agou (9 communes, 42 cantons).

Modalités : La mission se déroulera en présentiel, en français, avec un recours possible à la langue locale pour faciliter la compréhension des chefs et cheffes traditionnels. Le·la consultant·e travaillera en étroite collaboration avec l’équipe de coordination de l’ONG ALAFIA et des organisations membres du consortium.

VI. PROFIL DU CONSULTANT

Le profil recherché est celui d’un·e spécialiste en gouvernance locale, droits humains et genre, répondant aux critères suivants :

  • Être titulaire d’un diplôme universitaire (au moins Bac+5) en droit, sciences sociales, gouvernance, sciences politiques, développement communautaire ou domaine connexe ;
  • Disposer d’une expérience professionnelle d’au moins cinq (05) ans en gouvernance locale, droits humains, genre et/ou médiation communautaire ;
  • Justifier d’une expérience avérée de travail avec des autorités coutumières et traditionnelles ;
  • Avoir une expérience confirmée en facilitation d’ateliers participatifs et de dialogue multi-acteurs (chefferies traditionnelles, autorités administratives, société civile) ;
  • Avoir une bonne connaissance du contexte socioculturel du Grand Kloto ou d’un contexte togolais comparable (atout) ;
  • Posséder d’excellentes capacités rédactionnelles (rapports, documents de référence, comptes rendus) ;
  • Maîtriser le français ; la connaissance de la langue locale de la zone (éwé) est un atout.

VII. PARTICIPANTS

La mission touchera au total 101 bénéficiaires directs : 42 cheffes traditionnelles femmes, 42 chefs traditionnels hommes, et 17 autorités et acteurs institutionnels locaux (9 maires, 4 préfets et 4 membres d’organisations de la société civile locale).

VIII. MODALITÉS DE CANDIDATURE

Les consultant·e·s intéressé·e·s sont invité·e·s à soumettre :

  • Un CV actualisé détaillant l’expérience pertinente ;
  • Une copie du dernier diplôme obtenu ;
  • Une proposition technique et financière comprenant :
    • Une méthodologie détaillée de mise en œuvre des trois activités,
    • Un chronogramme indicatif de la mission,
    • Les besoins logistiques éventuels,
    • Une offre financière incluant le NIF du·de la consultant·e ;
  • Trois (03) références professionnelles liées à des missions similaires.

Les dossiers sont à transmettre au plus tard le 24 septembre 2026 à 17h à l’adresse mail suivante : alafia_togo@yahoo.fr

IX. POLITIQUE DE PROTECTION CONTRE LE HARCÈLEMENT SEXUEL, L’EXPLOITATION ET L’ABUS SEXUELS (PCSR-HS-EAS) À L’ONG ALAFIA

À l’ONG ALAFIA, nous appliquons une politique de tolérance zéro en matière de harcèlement, d’exploitation et d’abus sexuels. Nous pensons que toute personne doit pouvoir jouir du droit de mener sa vie à l’abri des violences sexuelles et de tout abus de pouvoir indépendamment de son âge, son genre, son orientation sexuelle, son handicap, sa religion ou son origine ethnique.

L’ONG ALAFIA ne tolère pas que ses employé-e-s, bénévoles, consultant-e-s, partenaires ou tout-e autre représentante de l’organisation associé-e à son action s’adonnent à quelque forme que ce soit de harcèlement, d’exploitation ou d’abus sexuels.

L’ONG ALAFIA s’engage à soutenir les personnes survivantes de ces maux, à améliorer ses capacités en matière de sauvegarde, à signaler les cas, à mener des enquêtes et à prévenir les actes de harcèlement, d’exploitation et d’abus sexuels.

X. POLITIQUE D’ÉGALITÉ DES GENRES ET L’INCLUSION À L’ONG ALAFIA

À l’ONG ALAFIA, nous luttons contre les discriminations et les violations des droits humains fondées sur le genre, y compris la violence basée sur le genre et d’autres formes d’exclusion. Nous luttons également contre les stéréotypes et les relations de pouvoir inégales entre les femmes, les hommes, les garçons et les filles pour promouvoir l’égalité des genres, les droits des filles et l’inclusion.

Nous favorisons une culture organisationnelle qui embrasse et illustre notre engagement envers l’égalité des genres, les droits des filles et l’inclusion, tout en aidant nos équipes à adopter des bonnes pratiques, une attitude positive et les principes d’égalité des genres et d’inclusion. Nous travaillons aussi afin que tous les partenaires, collabora-trices-teurs et prestataires de services qui s’engagent aux côtés de l’ONG ALAFIA adhèrent à cette déclaration et l’applique.

Fait à Lomé, le
La Directrice Exécutive
TATEY Adzoavi Nyuito

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Un(e) Stagiaire Secrétaire Commercial(e)

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